Chaque artiste apporte sa voix, son énergie et son histoire. À travers ces portraits, découvrez les femmes qui font vivre Voix des Femmes : leurs parcours, leurs inspirations, leurs univers et les liens qu’elles tissent avec le projet. Des personnalités différentes, réunies par une même envie : faire de l’art un espace de rencontre, d’expression et de partage.
Découvrez leurs interviews ici.
Aimée, au rythme du Hip-Hop.

Pouvez-vous nous raconter votre parcours dans la danse hip-hop ?
Je danse depuis plus de dix ans. Officiellement, mon parcours a commencé au collège grâce à l’UNSS, mais la danse fait partie de ma vie depuis bien plus longtemps.
De par mes origines congolaises, j’ai grandi dans un environnement où la musique et la danse occupaient une place importante. Dès mon enfance, j’ai donc été naturellement attirée par cet univers. Très jeune, j’ai notamment fait partie d’un groupe de danse qui s’appelait For Us.
Au collège, puis au lycée, j’ai continué à développer ma pratique grâce à l’UNSS. Avec le lycée Jean-Jacques Rousseau, j’ai participé à plusieurs reprises au Championnat de France UNSS Crew, où notre équipe est montée sur le podium.
Ces expériences m’ont beaucoup apporté. Elles m’ont appris la rigueur, le travail collectif, mais aussi à prendre confiance sur scène et à évoluer en tant que danseuse.
Quelle place Sarcelles occupe-t-elle dans votre parcours ?
Sarcelles occupe une place très importante dans mon parcours. C’est un territoire sur lequel j’ai pu pratiquer, rencontrer d’autres danseurs, participer à des événements et surtout continuer à construire mon identité artistique.
J’ai eu l’occasion de participer à des battles, des spectacles, des créations chorégraphiques et différentes actions culturelles. J’ai notamment participé au Battle BAD à Sarcelles ainsi qu’au Battle Dame de Fer.
Toutes ces expériences m’ont permis de rencontrer des danseurs aux univers différents, de me confronter à d’autres manières de danser et de continuer à enrichir ma propre pratique.
Vous avez également participé à la création de l’association A2C2H. Pouvez-vous nous en parler ?
Oui. J’ai participé à la création de l’A2C2H, l’Association pour la Création d’un Conservatoire Hip-Hop.
L’objectif est de développer des projets autour de la transmission, de la création et de la valorisation de la culture hip-hop. À travers l’association, j’ai participé à l’organisation d’événements, d’ateliers et de spectacles, ainsi qu’au projet La Voix des Femmes.
C’est également une manière pour moi de contribuer activement à la vie culturelle du territoire. Et derrière toutes ces actions, il reste une ambition forte : participer à la création d’un véritable conservatoire dédié au hip-hop.
Quand on parle de danse hip-hop, quels sont les différents styles qui existent ?
La danse hip-hop est extrêmement riche et regroupe plusieurs styles.
Il y a notamment le breaking, qui comporte une dimension très physique et acrobatique, le popping, basé notamment sur les contractions musculaires, ou encore le locking, qui possède une énergie et une gestuelle très reconnaissables.
On retrouve également la house dance, caractérisée notamment par sa fluidité et son rapport à la musique house, ainsi que le krump, qui repose sur une danse particulièrement expressive et puissante.
Chaque style possède sa propre histoire, ses codes et sa manière d’interpréter la musique.
Et quel est votre style à vous ?
Je pratique principalement le Hip-Hop Freestyle, aussi appelé New Style.
C’est l’approche dans laquelle je me reconnais le plus parce qu’elle me permet de mélanger différentes influences et de laisser une place importante à la musicalité, à l’improvisation, à l’interprétation et surtout à l’expression personnelle.
Pour moi, danser ne consiste pas uniquement à exécuter des mouvements. La danse permet aussi de raconter quelque chose, de transmettre un message et de faire ressortir sa personnalité.
Comment cette identité artistique s’exprime-t-elle dans La Voix des Femmes ?
Dans La Voix des Femmes, j’ai justement souhaité défendre cette vision de la danse.
Mon travail chorégraphique s’appuie sur le Hip-Hop Freestyle/New Style avec l’idée que chaque mouvement peut participer à raconter une histoire et à transmettre quelque chose.
J’ai accordé une place importante à l’interprétation, à la puissance du collectif, mais également à l’authenticité de chaque danseuse. Je ne voulais pas que toutes les participantes s’effacent derrière une chorégraphie. Au contraire, l’idée était que chacune puisse apporter quelque chose de personnel.
La danse devient alors un véritable moyen d’expression pour aborder la place des femmes, leur parole et la manière dont elles peuvent prendre leur place à travers l’art et la culture hip-hop.
Qu’aimeriez-vous pour la suite de La Voix des Femmes ?
J’aimerais que La Voix des Femmes puisse continuer à évoluer et surtout dépasser les frontières de Sarcelles.
L’objectif serait d’aller à la rencontre de nouveaux publics, de créer des échanges avec d’autres territoires et de développer des partenariats avec différentes structures culturelles.
J’aimerais également continuer à transmettre les valeurs qui me tiennent à cœur à travers le hip-hop et faire découvrir davantage le Hip-Hop Freestyle/New Style.
Et surtout, je souhaite continuer à créer des espaces où la danse permet de s’exprimer, transmettre, partager et faire entendre sa voix.